Aînés en perte d'autonomie
Comment annoncer sa décision de recourir à l’aide médicale à mourir
Parler de l’aide médicale à mourir peut être l'une des conversations les plus difficiles à avoir avec vos proches. Il est normal de ressentir de la peur à l'idée d'aborder ce sujet avec eux, que ce soit pour exprimer vos propres inquiétudes sur la mort ou pour demander à l’un d’eux de s'ouvrir sur ce qu'il ressent. Voici quelques conseils pour vous aider à amorcer cette discussion avec sensibilité et bienveillance.
Pourquoi cette annonce est importante
Il peut être difficile de parler de la mort, par crainte de ne pas savoir quoi dire, de blesser quelqu’un ou de ne pas réussir à gérer les émotions que vous ressentez. Si vous avez peur d’amorcer la discussion, dites-vous que cet échange peut être bénéfique, autant pour vous que pour votre entourage. En parler pourrait vous permettre de clarifier votre décision, de préparer ceux qui vous entourent et de vivre ces moments dans la sérénité plutôt que dans l’incertitude.
Il n’y a aucune obligation à annoncer votre décision, mais cela peut avoir de nombreux avantages. Par exemple, annoncer votre décision peut vous permettre d’organiser certains aspects pratiques tels que vos soins médicaux et vos arrangements funéraires, et vous donner l’occasion de faire part de vos décisions juridiques (testament, dons d’organes, etc.).
En discutant ouvertement de votre décision, vous pouvez aussi aider votre entourage à se préparer émotionnellement et à mieux vivre cette étape. Vos proches pourront ainsi avoir le temps de poser des questions et de profiter pleinement des moments passés ensemble. Cette conversation peut être difficile, mais elle peut aussi être une occasion de renforcer vos liens et de permettre à vos proches de se concentrer sur ce qui est vraiment important : passer du temps de qualité ensemble et partager des moments significatifs.
Choisir à qui annoncer sa décision
Vous êtes libre de choisir à qui vous souhaitez parler de votre décision. Vous pouvez décider d’en informer tout votre entourage ou bien choisir de ne le dire qu’à vos proches de confiance, comme votre conjoint, vos enfants, votre famille ou vos amis les plus précieux. Il est également tout à fait légitime de garder cette décision privée si vous ne souhaitez pas en parler.
Si vous hésitez, demandez‑vous :
- Aimeriez-vous être accompagné par un proche pour mieux vivre cette étape ?
- Qui pourrait avoir besoin d’être informé et préparé à votre recours à l'aide médicale à mourir ?
- Avec qui vous sentez-vous à l’aise d’en discuter ?
- Un proche pourrait-il vous aider à transmettre la nouvelle à d’autres membres de votre famille ou à vos amis ?
Au bon moment et au bon endroit
Lorsque vous décidez d’annoncer votre décision, il est important de choisir le bon moment et le bon contexte pour en parler. Idéalement, choisissez un moment où votre proche sera disponible et aura le temps de réagir. Prenez aussi en compte son état émotionnel. Il est préférable de parler lorsque vous sentez que la personne est réceptive et disponible pour entendre votre décision.
Assurez-vous que vous et votre proche pourrez échanger calmement, sans distractions ou interruptions. Une discussion en marchant, lors d’un moment tranquille à la maison ou autour d’un café peut offrir un cadre serein et propice au dialogue. Évitez toutefois d’annoncer cette nouvelle lors d’événements familiaux importants ou à des dates symboliques, comme un anniversaire ou une fête, afin de préserver la signification de ces moments.
Si vous avez plusieurs proches à informer, vous pouvez choisir de leur parler individuellement pour favoriser un échange plus intime et personnel, plutôt que de faire une annonce collective qui pourrait être plus difficile à gérer sur le plan émotionnel.
Parler de sa décision aux enfants
Annoncer sa décision à un enfant peut être difficile. Toutefois, en lui expliquant la situation, il pourra mieux comprendre ce qui se passe, se sentir rassuré et avoir l’occasion de vous dire au revoir. Plusieurs ressources peuvent vous aider à préparer cette discussion délicate, à adapter le message selon l'âge de l'enfant et à choisir la personne la plus apte à lui annoncer la nouvelle.
Un message simple et clair, adapté à vos proches
Avant d’entamer la conversation, demandez-vous ce que vous attendez de cet échange : souhaitez-vous simplement informer vos proches ou espérez-vous leur soutien ? Cette réflexion vous aidera à adapter votre message en fonction de vos besoins et de votre relation avec vos proches.
Lorsque vous vous sentirez prêt, expliquez simplement, sans entrer dans les détails médicaux trop complexes, pourquoi cette démarche vous semble juste et en accord avec ce que vous ressentez.
Il est préférable d’utiliser des phrases au « je » pour exprimer vos sentiments et vos motivations sans chercher à convaincre. Vous pouvez, par exemple, dire: « J’ai beaucoup réfléchi et cette décision est celle qui me permet de partir en paix. »
Si vous le souhaitez, vous pouvez utiliser une image pour les aider à mieux comprendre votre état d’esprit : « C’est comme un voyage que je prépare depuis longtemps. J’ai trouvé la destination qui me convient et j’aimerais que vous m’aidiez à faire mes bagages en douceur. »
Enfin, n’hésitez pas à rassurer vos proches sur vos sentiments à leur égard, par exemple en leur disant que ce choix ne diminue en rien l’amour que vous leur portez et qu’il peut même être l’occasion de vivre des moments précieux ensemble.
Peu importe la façon dont vous choisissez d’annoncer votre décision, l’essentiel est de le faire avec bienveillance, en vous donnant le droit d’exprimer vos sentiments tout en laissant à vos proches le temps d’accueillir la nouvelle à leur manière.
Donner du temps et de l’espace pour assimiler la nouvelle
L’annonce de votre décision peut provoquer chez vos proches un mélange d’émotions : tristesse, colère, incompréhension, inquiétude ou encore un sentiment d’impuissance. Certains peuvent notamment vivre un choc immédiat ou ressentir un deuil anticipé en réalisant que votre départ approche. Devant ces réactions, essayez de rester calme et compréhensif. Laissez vos proches exprimer ce qu’ils ressentent, sans chercher à corriger ou à minimiser leurs émotions.
S’ils ont des questions, accueillez-les avec patience et répondez avec sincérité, tout en restant fidèle à votre ressenti. Une conversation où chacun peut parler librement, sans crainte de jugement, favorisera une meilleure compréhension mutuelle.
Certaines de vos proches auront peut-être besoin de plusieurs discussions pour arriver à accepter votre décision. Il peut être utile de leur laisser un temps de réflexion et de leur proposer d’en reparler plus tard, à leur rythme.
Faire face aux réactions de colère ou de silence
Si l’un de vos proches se sent déstabilisé par votre décision et exprime son désarroi de manière vive, ne cherchez pas à argumenter ou à justifier votre choix immédiatement. Restez calme, écoutez-le sans l’interrompre et évitez d’adopter une posture défensive. Lorsque l’émotion est trop forte, la discussion risque d’être stérile et conflictuelle. Il vaut mieux attendre que la tension diminue avant de reprendre le dialogue.
Aussi, ne prenez pas cette colère comme une attaque personnelle. Elle ne signifie pas nécessairement un rejet de votre décision, mais plutôt une difficulté à la comprendre et à l’accepter. En revanche, réagir avec douceur peut aider votre proche à exprimer la peine qui se cache derrière sa colère.
Le silence peut aussi être une façon d’éviter l’émotion ou de refuser de faire face à une réalité douloureuse. Il est important de respecter ce silence sans chercher à forcer la conversation. Si l’un de vos proches n’exprime pas ses émotions, cela ne signifie pas qu’il est indifférent. Il peut être submergé par ses pensées et ne pas savoir comment réagir.
S’il a besoin de temps pour assimiler la nouvelle avant de pouvoir en parler, accordez-lui cet espace tout en lui rappelant que vous êtes là s’il en ressent le besoin. Vous pouvez simplement lui dire : « Je sais que c’est beaucoup à absorber. Je serai là quand tu voudras en parler. » Cette phrase rappelle à votre proche qu’il a la liberté de venir vers vous à son rythme, sans pression.
Même si l’acceptation ne se fait pas immédiatement, n’hésitez pas à rappeler à votre proche qu’il peut revenir vers vous lorsqu’il se sentira prêt à discuter. L’important est de lui permettre de vivre ses émotions à sa manière, tout en affirmant votre propre besoin d’être entendu et respecté dans votre décision.
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