Aînés en perte d'autonomie
Accueillir la décision d’un proche ayant choisi l’aide médicale à mourir
Apprendre qu’un proche a choisi de recourir à l’aide médicale à mourir peut susciter un tourbillon d’émotions difficiles à apprivoiser. Entre le désir de comprendre sa démarche et le poids de votre douleur, il est normal de se sentir déstabilisé. Voici quelques pistes de réflexion pour vous aider à accueillir vos émotions et à accompagner votre proche avec bienveillance.
Permettez‑vous de vivre des émotions difficiles
Apprendre qu’un proche a demandé l’aide médicale à mourir peut susciter une gamme d’émotions intenses et souvent contradictoires qui peuvent être difficiles à gérer.
Voici quelques exemples d‘émotions contradictoires que vous pourriez ressentir :
- Vouloir être présent pour lui alors que la douleur rend difficile de rester auprès de lui.
- Comprendre son besoin de paix, mais avoir du mal à accepter sa décision.
- Ressentir un certain soulagement face à la fin de ses souffrances, tout en éprouvant de la culpabilité.
- L’aimer profondément, mais ressentir malgré tout de la colère ou de la honte ou encore éprouver un sentiment d’abandon.
Vos émotions, même contradictoires, sont légitimes, et les identifier constitue une étape essentielle de votre cheminement. Permettez-vous de les ressentir pleinement, même si elles semblent accablantes ou déroutantes. Voici quelques conseils pour vous accompagner dans ce processus :
- Lorsque l’émotion devient envahissante, prenez un moment pour vous recentrer : respirez, marchez ou écoutez de la musique apaisante.
- Rappelez-vous qu’avec le temps vos émotions évolueront. Il est inutile de tout comprendre immédiatement. Accordez-vous le temps nécessaire pour avancer à votre rythme.
- Mettez des mots sur ce que vous ressentez et partagez vos émotions avec des proches, des amis ou des professionnels pour alléger le poids de votre pensée.
- Ne vous jugez pas trop sévèrement. Si vous ressentez du soulagement, considérez-le comme une forme d’empathie envers la souffrance de votre proche. Si vous éprouvez de la colère, tentez d’en comprendre la source : est-elle liée à la peur ou à un sentiment d’injustice ou d’impuissance ?
Ouvrez le dialogue
Lorsque les émotions prennent le dessus, communiquer peut sembler difficile. Pourtant, ouvrir un dialogue sincère et respectueux peut vous aider à mieux comprendre les motivations de votre proche et à créer un espace de partage bienveillant.
Pour que la discussion soit respectueuse et constructive, il est important d’adopter une approche bienveillante. Voici quelques façons d’y parvenir :
- Demandez à votre proche de vous expliquer les raisons de son choix, ou quels sont ses souhaits pour les jours ou les semaines à venir.
- Si votre proche hésite à s’exprimer, reconnaissez la difficulté du moment : « Je vois que c’est difficile d’en parler, c’est normal. »
- Parlez au « je » pour éviter les tensions et permettre à votre proche de se sentir moins sur la défensive : « Je ressens beaucoup de tristesse, mais je veux comprendre ce que tu vis. »
- Créez un espace sécurisant, sans jugement ni pression : « Nous n’avons pas besoin de tout régler aujourd’hui, on en reparlera quand tu seras prêt. »
- Reformulez ses propos pour valider ses émotions plutôt que d’exiger des réponses précises : « Si je comprends bien, tu ressens beaucoup d’incertitude ? »
- Respectez les silences et faites des pauses, si nécessaire.
- Au besoin, envisagez l’aide d’un professionnel pour faciliter les échanges dans un cadre neutre et bienveillant.
Après la discussion, prenez un temps d’introspection. Demandez-vous ce qui vous bouleverse le plus, s’il s’agit de vos propres peurs ou valeurs, et comment vous pourriez mieux comprendre le point de vue de votre proche, même s’il diffère du vôtre.
Exprimez vos émotions avec bienveillance
Partager ce que vous ressentez peut réduire l’intensité de vos émotions, favoriser une meilleure compréhension mutuelle et montrer à votre proche qu’il demeure au cœur de votre vie, malgré sa décision.
Avant de vous confier, réfléchissez à ce que vous souhaitez dire afin que cet échange soit bénéfique pour vous deux. Par exemple, rappelez à votre proche que vos sentiments ne diminuent pas votre respect pour son choix.
N’ayez pas peur d’exprimer des sentiments complexes, comme la difficulté que représente la situation pour vous malgré votre désir que votre proche se sente en paix. En parlant de ce que vous ressentez, vous montrez que toutes les émotions sont normales dans cette situation et vous démontrez votre volonté de cheminer ensemble.
Enfin, adoptez un langage réconfortant et évitez les critiques ou les jugements, car un proche qui choisit l’aide médicale à mourir peut traverser une période particulièrement sensible et émotionnellement difficile. Le critiquer ou le juger pourrait intensifier sa souffrance et créer une distance entre vous. De plus, si vous exprimez votre incompréhension de façon critique, votre proche pourrait cesser de se confier, par peur d’être incompris.
Allez chercher du soutien auprès de professionnels spécialisés
Lorsqu’il s’agit d’aborder la décision d’un proche de recourir à l’aide médicale à mourir, il peut être difficile de comprendre la situation ou de gérer vos propres émotions.
Des spécialistes en accompagnement de l’aide médicale à mourir (médecins, infirmiers et travailleurs sociaux en soins palliatifs, thanadoulas, thérapeutes en relation d’aide spécialisés en accompagnement du deuil, accompagnateurs en soins spirituels, etc.), peuvent vous apporter le soutien nécessaire.
Des groupes de soutien (le Portail palliatif canadien, la Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer et la Société canadienne du cancer, etc.) et des lignes d’écoute (Tel-aîné, Info-aidant, L’Appui, etc.) peuvent également vous aider dans votre cheminement.
En faisant appel à des professionnels, vous trouverez des espaces neutres pour discuter de vos craintes, préparer vos échanges avec votre proche et prendre du recul.
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Réfléchissez au rôle que vous souhaitez tenir auprès de votre proche
À l’annonce de la décision de votre proche, vous pourriez vous sentir dépassé. Réfléchir au rôle que vous souhaitez tenir auprès de lui peut vous aider à mieux vivre cette période.
Plutôt que de chercher à tout faire, identifiez ce qui vous semble réaliste et important, en tenant compte de vos limites. Votre rôle pourra évoluer au fil du temps, selon les souhaits de vos proches et vos propres capacités.
Vous pouvez commencer par envisager différentes formes d’implication, qu’elle soit émotionnelle, pratique ou logistique, en gardant à l’esprit que le plus important est de respecter vos propres capacités afin de préserver votre bien-être à long terme.
Il est normal de ne pas pouvoir tout faire, et reconnaître vos limites vous aidera à éviter l’épuisement et à rester présent de manière plus authentique et sereine.
Enfin, discutez avec votre proche de vos attentes, car certaines personnes préfèrent une présence discrète et réconfortante, tandis que d’autres souhaitent des échanges plus fréquents. En parler ensemble vous permettra d’ajuster votre rôle de façon à répondre aux besoins de votre proche et à communiquer les vôtres.
Gardez à l’esprit qu’endosser des rôles qui vous dépassent émotionnellement peut engendrer de la colère, de la fatigue ou du ressentiment. Ces émotions pourraient nuire à votre relation avec votre proche et, éventuellement, à votre processus de deuil. Au contraire, en restant à l’écoute de vos capacités, vous renforcerez vos liens et la qualité de votre présence. Pour ce faire, n’hésitez pas à déléguer certaines tâches à d’autres membres de la famille, à des amis ou à des professionnels.
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