Être locataire
Souris, coquerelles, rats, punaises de lit dans le logement : vos recours en tant que locataire
Une infestation d’insectes nuisibles ou la présence de rongeurs dans votre logement peut nuire à votre qualité de vie. Heureusement, la loi offre certains recours aux locataires qui se trouvent dans ces situations.
L’état du logement : une responsabilité partagée entre propriétaire et locataire
La responsabilité d’entretenir un logement appartient à la fois au locataire et au propriétaire.
La loi impose certaines obligations au propriétaire
Par exemple, au moment où vous emménagez, votre propriétaire doit s’assurer que votre logement est en bon état de propreté.
Il doit aussi s’assurer que votre logement est en bon état de réparation et d’habitabilité et que vous pouvez en jouir paisiblement, et ce, pendant toute la durée du bail. Ainsi, un propriétaire qui laisse l’état d’un logement se dégrader au point d’entrainer un problème de vermine ou d'animaux nuisibles contrevient à ses obligations.
En tant que locataire, vous avez aussi certaines responsabilités concernant l’état du logement
Par exemple, vous devez maintenir le logement dans le même état de propreté que lors de votre emménagement et vous devez utiliser le logement avec prudence et diligence.
Vous devez aussi effectuer certains petits travaux d’entretien nécessaires au logement et aviser votre propriétaire dans un délai raisonnable lorsque vous constatez une défectuosité ou une détérioration substantielle de votre logement.
Enfin, vous êtes responsable si le logement est endommagé par votre faute ou celle d’une personne à qui vous avez permis l’accès au logement.
Des recours qui varient selon la gravité de la situation
Si vous constatez la présence d’insectes ou de rongeurs dans votre logement, les recours possibles dépendent de la gravité de la situation. Il faut d’abord déterminer si votre logement est impropre à l’habitation ou s’il est seulement en mauvais état d’habitabilité.
Pour être considéré comme impropre à l’habitation, votre logement doit présenter une menace sérieuse à la santé ou à la sécurité des personnes qui l’habitent ou à celles du public.
En revanche, lorsque le logement est en mauvais état, mais qu’il ne constitue pas nécessairement un danger immédiat pour la santé ou la sécurité, il peut être qualifié de logement en mauvais état d’habitabilité.
1. Recueillez des preuves sur l’état du logement
En cas de problème avec votre logement, il est recommandé de recueillir des preuves de la situation. Par exemple, vous pouvez prendre des photos et des vidéos du logement montrant la présence d’animaux nuisibles ou de leurs excréments.
Recueillir des preuves tangibles de la situation et de son évolution vous permettra d’exposer clairement le problème à votre propriétaire pour qu’il soit en mesure de le régler. Ces preuves pourraient également servir si la situation ne se règle pas avec votre propriétaire et que vous devez vous présenter devant le Tribunal administratif du logement (TAL).
2. Limitez l’infestation autant que possible
Même si c’est votre propriétaire qui a la responsabilité de régler le problème, vous devez quand même limiter les dégâts autant que possible, par exemple en gardant votre logement propre.
3. Avisez votre propriétaire
Vous devez informer votre propriétaire de la situation.
Il est préférable de l’aviser par écrit, par exemple avec une mise en demeure. Dans certains cas, l’avis écrit est même obligatoire. Gardez une preuve qui démontre que votre propriétaire a reçu votre avis puisque cela peut vous servir si vous devez vous présenter devant le TAL.
4. Faites une demande au Tribunal administratif du logement (TAL)
Si le problème n’est toujours pas réglé, vous pouvez vous adresser au TAL. Le TAL a notamment le pouvoir d’ordonner :
- que le propriétaire fasse les réparations nécessaires pour rendre le logement en bon état,
- que le propriétaire vous paie des dommages-intérêts pour le tort subi,
- que votre loyer soit réduit,
- que votre bail soit résilié.
1. Recueillez des preuves sur l’état du logement
Si vous estimez que votre logement est impropre à l’habitation, vous devez être en mesure de le prouver.
N’hésitez pas à recueillir toutes les preuves nécessaires pour faire la démonstration de l’état du logement. Vous pouvez par exemple prendre des photos ou des vidéos du logement, obtenir une preuve médicale que la présence de vermine ou d'animaux nuisibles dans le logement menace sérieusement votre santé, etc.
Vous pouvez aussi contacter votre municipalité pour qu’un inspecteur vienne évaluer l’état du bâtiment.
2. Quittez votre logement
Vous pouvez quitter votre logement s’il est impropre à l’habitation. Vous n’aurez pas à payer votre loyer pendant la période où vous n’habitez plus votre logement si :
- votre logement est impropre à l’habitation,
- l’état du logement n’est pas attribuable à votre comportement,
- vous avez envoyé un avis à votre propriétaire dans les délais (voir étape suivante).
Si votre propriétaire estime que l’une de ces conditions n’est pas remplie, il peut contester devant le TAL votre décision de quitter le logement et demander, par exemple, une compensation financière de votre part.
Si vous n’êtes pas certain que le logement est véritablement impropre à l’habitation, vous pouvez vous adresser directement au TAL pour lui demander de déclarer le logement impropre à l’habitation.
3. Avisez votre propriétaire avant votre départ ou tout de suite après
Vous devez aviser votre propriétaire de l’état du logement par écrit, avant votre départ ou dans les 10 jours qui suivent.
Le Tribunal administratif du logement (TAL) offre un modèle d’avis d’abandon du logement.
4. Faites une demande au Tribunal administratif du logement (TAL)
En plus de vos autres démarches, vous pouvez aussi faire une demande au TAL. Le TAL pourrait, par exemple :
- ordonner à votre propriétaire de faire les réparations nécessaires pour que votre logement soit de nouveau habitable,
- ordonner à votre propriétaire de vous payer des dommages-intérêts pour le tort subi,
- réduire le montant de votre loyer,
- mettre fin à votre bail.
5. Le propriétaire doit vous aviser une fois que le logement a été remis en état
Si vous avez laissé votre nouvelle adresse au propriétaire après avoir quitté le logement, il doit vous aviser lorsque celui-ci redevient habitable. Vous pouvez ensuite choisir de réintégrer le logement ou non. Vous avez 10 jours après la réception de l’avis pour communiquer votre décision au propriétaire.
Le bail prend fin si vous décidez de ne pas réintégrer le logement ou si vous n’avez pas transmis votre nouvelle adresse au propriétaire.
Une erreur est survenue. Veuillez recommencer un peu plus tard.
Ce contenu a-t-il répondu à vos besoins ?
MISE EN GARDE
L’information présentée sur cette page ne constitue pas un avis ou un conseil juridique. Nous vous indiquons ce que dit la loi au Québec de manière générale. Pour obtenir un avis ou un conseil juridique concernant votre situation personnelle, consultez un professionnel du droit.